Compétences et inclusion : des enjeux pour la performance des entreprises ?

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Cercle Humania - Jean-Marie Marx - Le 17 octobre 2019

Le 17 octobre 2019

Invité

Jean-Marie Marx, Haut-commissaire aux compétences et à l’inclusion par l’emploi

Quelques mots sur l'événement

Jean-Marie Marx commence son exposé par faire le point sur la situation en France. Le pays fait face à un manque de compétences qui limite la croissance des entreprises. Or la France est dotée d’un écosystème de PME, start-ups et scale ups particulièrement dynamique. Leur capacité d’innovation est un facteur de développement central, mais cette croissance doit être soutenue par un recrutement accru et des compétences, numériques notamment, en pénurie. 

Ces enjeux s’expliquent dans un premier temps par la diminution de la population active. Il y a de moins en moins d’actifs supplémentaires au fil des années. La deuxième piste d’explication est le décalage entre les besoins des entreprises et les qualifications, les compétences, des demandeurs d’emploi. Les transitions numériques et écologiques sont rapides et demandent un développement de compétences spécifiques, amenant de nombreux métiers à se transformer. 

D’autre part, des métiers apparaissent et d’autres disparaissent, ce qui accentue l’obsolescence des compétences. Or, les demandeurs d’emploi français ont moins accès à des formations comparativement à d’autres pays européens. A cela s’ajoute que la France compte beaucoup de demandeurs d’emploi de longue durée, éloignés durablement du marché du travail et qui connaissent une perte de confiance en les organismes chargés de les accompagner.

Les processus de recrutement sont également à revoir. De nombreuses entreprises ont pris l’habitude de regarder surtout les diplômes ou de se contenter de publier des offres d’emploi. Pourtant, développer de nouveaux critères et de nouvelles méthodes de recrutement pour diversifier le sourcing permettrait d’accéder à des viviers de candidats plus variés. Il y a aussi des problèmes d’anticipation dans la gestion des compétences nécessaires et d’attractivité des métiers et des conditions de travail. Nous sommes donc sur une situation économique où le marché du travail est dynamique, mais connaît en parallèle une pénurie de compétences et un chômage structurel élevé.

L’un des acteurs principaux pour changer la donne est les pouvoirs publics. Leur rôle est de faire concorder un maximum les besoins de l’entreprise avec les compétences de la population active, de favoriser la rencontre. Différentes réformes sont engagées dans cette voie, notamment au sujet de l’orientation des jeunes et de l’apprentissage. Une autre avancée concerne la possibilité de créer des CFA au sein des entreprises.

Ces réformes participent à la refonte de la compétence professionnelle, à travers le plan d’investissement des compétences porté par l’intervenant. L’objectif est de mettre en place un plan à long terme plus structuré, de ne plus se contenter du nombre de personnes formées mais aussi de mieux former. Pour cela, les régions sont mises à contribution, de même que les branches. Les branches professionnelles sont les plus à même d’exprimer leurs besoins en termes de compétences. 

L’enjeu de ces réformes est de savoir trouver les compétences et repérer les personnes les plus éloignées de l’emploi. Mais cela ne suffit pas, il faut aussi les accompagner dans le retour à une activité professionnelle. Pour cela, il faut proposer des modalités de formation et des pédagogies très concrètes et opérationnelles. Ce n’est pas impossible. Les entreprises sont aussi très volontaires dans les mesures, pas seulement pour l’acquisition de compétences mais aussi pour s’engager. 

Jean-Marie Marx conclut en soulignant l’importance d’échanger entre acteurs pour trouver des solutions pérennes à la pénurie de talents. Les politiques d’inclusion et de développement des compétences sont des vecteurs de performance pour les entreprises.

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