En 2018, Swile n’était qu’une jeune start-up. Huit ans plus tard, c’est une licorne, rentable, leader français sur son principal marché des titres-restaurant dématérialisés et qui s’adresse aussi directement aux CSE de ses entreprises clientes pour d’autres avantages salariés (titre cadeaux, titre culture, dotation vacances). Swile a finalisé l’intégration de Bimpli (filiale de BPCE) amorcée en 2022. Ce type de fusion provoque volontiers des remous en interne : il faut parfois des années pour harmoniser le socle social. Mais chez Swile, on en a fait une priorité.
Au moment du rachat de Bimpli par Swile, le premier était doté d’un CSE structuré, représentant deux syndicats, le second avait une seule élue. Les acquis sociaux des deux entreprises n’étaient pas les mêmes, les cultures d’entreprise non plus.
« Nous avons choisi de tout remettre à plat, d’avancer très rapidement sur la construction d’un socle social commun (en trois mois, le chantier d’harmonisation était bouclé) et d’emmener les équipes vers un CSE qui soit proche du business, étroitement associé à la stratégie d’entreprise », résume Rachel Brochoire, directrice des affaires sociales.
Ici, le dialogue social vient « en soutien » des enjeux de l’entreprise : « Les élus du personnel sont des partenaires indispensables avec qui nous co-construisons réellement les projets. »
Trois bonnes pratiques transposables
Valorisez vos élus
« Quand un projet aboutit, nous communiquons en mentionnant explicitement le rôle joué par les élus. C’est une façon simple de leur donner la visibilité qu’ils méritent », explique Leslie Delzescaux, juriste en droit du travail. Pendant leur semaine d’intégration, les nouveaux collaborateurs se voient présenter le CSE. Ils sont mis en relation directe avec les représentants du personnel, d’ordinaire rarement valorisés dans les livrets d’onboarding et autres séminaires de bienvenue. « L’app Swile contient d’ailleurs pour ses clients de la plateforme cadeau toute une section de mise en avant des CSE auprès de leurs salariés : cette fonctionnalité est très appréciée ».
Misez sur la transparence
« Le niveau de partage que vous choisissez d’avoir avec les élus, tout comme avec l’ensemble des collaborateurs, peut vraiment changer la donne, estime Sophie Ladegaillerie, responsable de la communication interne. « Donner de la visibilité et de transparence permet de créer un climat serein et d’embarquer l’ensemble des salariés ».
Impliquez la direction
Loïc Soubeyrand, fondateur et CEO de Swile, tout comme Xavier Monty, DRH et Secrétaire Général, et les autres membres du Comex, tiennent à cette posture de proximité et d’écoute dans le dialogue social. « Loïc a toujours été clair dans sa vision, dans ce qu’il veut pour l’entreprise, et il implique le CSE à ce niveau stratégique », souligne Rachel Brochoire.
L’indispensable « Off » ne devrait pas être un tabou
« Avec les élus, nous faisons vivre un dialogue social au quotidien, en dehors des seuls rendez-vous fixés à l’agenda social ! expliquent nos interlocutrices. La co-construction est portée par des commissions et des groupes de travail engagés : la CSSCT est notamment un espace où s’analysent les enjeux de santé, de sécurité et se construit des réponses collectives au plus près du terrain. »
Se rendre disponibles et créer des espaces d’écoute, c’est l’occasion de voir monter les vrais sujets, comme de régler les petites frictions quotidiennes au fil de l’eau. On évite ainsi de mobiliser l’ordre du jour d’un CSE avec des sujets non structurants et on se concentre sur ceux à fort impact. « Un dialogue social vivant, c’est le fait de pouvoir se parler à chaque instant, de manière spontanée dans les bureaux », conclut Rachel Brochoire
Florence Boulenger est journaliste et consultante éditoriale, spécialisée dans les transformations des entreprises, avec un intérêt marqué pour le numérique et le futur du travail.









