On ne va pas vous dresser la liste de toutes les (mauvaises) surprises de l’actualité ces deux premiers mois de l’année : il y a peu de chances que vous y ayez échappé. Mais nous vous proposons de nous pencher sur trois fractures susceptibles de déstabiliser vos équipes : changement climatique, évolution des emplois et polarisation autour du fait religieux. Mathias Joste, associé au cabinet Actance, estime que le dialogue social peut réduire ces trois sources de tensions et protéger le « projet commun » de votre organisation.
« L’année 2026 a débuté avec un paysage sociétal fracturé, relève Mathias Joste. Ces crispations sont d’ordre géopolitique, économique, social, technologique et environnemental. On peut avoir l’impression que tout va mal, en somme. Et mécaniquement, ces ruptures s’invitent au sein de l’entreprise. » Pour qu’elles ne deviennent pas une source de tension entre collaborateurs et dirigeants, Mathias Joste rappelle que les DRH disposent d’un levier précieux : le dialogue social.
Changement climatique : il est temps de s’emparer du sujet
« L’enjeu ici est double, souligne Mathias Joste : une perte de productivité – déjà bien documentée par l’OIT – ainsi que des risques en termes de santé-sécurité des collaborateurs. Contrairement à d’autres États européens qui fixent des mesures en cas d’atteinte de certaines températures, nous n’avons pas de réglementation de ce type en France, hormis dans certains secteurs spécifiques comme le BTP. Il est donc essentiel de faire du climat un sujet prioritaire du dialogue social et de réfléchir aux mesures d’adaptation possibles. »
Premier pas : établir une cartographie des métiers, en spécifiant les impacts potentiels du dérèglement climatique pour chacun. En parallèle, « communiquez sur les gestes simples de prévention et commencez à aménager les horaires et lieux de travail quand c’est possible. »
Évolution de l’emploi / Tech : jouez cartes sur table
Nous évoquions récemment l’IA générative comme une « mutation technologique », constituant un motif autonome de licenciement économique. Sans attendre cette extrémité, il est important d’aborder clairement le sujet dans le cadre du dialogue social. « Comment allez-vous adapter les compétences et les effectifs à court et moyen terme ? Aujourd’hui, les craintes principales sont les suppressions de poste : il me semble important de rassurer vos équipes avec des formations qui leur permettront de conserver leur employabilité. Cela passe par la négociation d’accord de GEPP et par l’identification des métiers à risque, là encore. »
Fait religieux en entreprise : une question délicate, à ne pas éviter
Premier pas : mener des politiques de formation et de sensibilisation, pour éviter un raidissement des positions et un durcissement du dialogue social.
Florence Boulenger est journaliste et consultante éditoriale, spécialisée dans les transformations des entreprises, avec un intérêt marqué pour le numérique et le futur du travail.









