L’Apec a publié le mois dernier son baromètre des métiers porteurs 2026 : il s’agit d’une étude annuelle qui identifie les métiers « poids lourds » sur le marché de l’emploi des cadres, et les « Formule 1 » : les métiers émergents en forte croissance. Nous avons rencontré son auteur, Olivier Busnot.
Votre enquête s'appuie sur les offres d'emploi cadre publiées sur le site apec.fr entre 2022 et 2025 - c’est donc une étude au long cours. Quels sont les chiffres-clefs à retenir ?
Après deux années de progression du volume d’offres (2021 et 2022), nous avons connu un ralentissement ces dernières années, qui s’est encore accentué en 2025 : -15,5 % d’offres par rapport à 2024. La même année, le marché de l’emploi cadre a connu un retournement, pour la première fois depuis 2020, avec une baisse des recrutements de -8%.
Le top 10 des métiers « Poids lourds » figuraient déjà dans la liste 2024 Mais tous ces métiers ont connu une baisse du nombre d’offres en 2025 – sauf le celui d’expert comptable.
Nous avons identifié 17 métiers « Formule 1 », dont 12 nouveaux par rapport au palmarès de l’année précédente. Les offres pour des postes de data engineer progressent de 10 % par rapport à 2024, portées par la digitalisation des entreprises, l’essor du big data et la nécessité de structurer et valoriser les données.
Dans le secteur de la construction, les offres pour des postes de directeur de travaux et d’économiste de la construction progressent nettement eux aussi (+11 % et +6 %). Enfin, et même s’ils représentent une part limitée de l’ensemble des métiers cadres du privé, les métiers du secteur santé, social et médico-social affichent toujours un dynamisme marqué (5 parmi les 17 métiers « Formule 1 »), en lien direct avec le vieillissement de la population.
Peut-on distinguer un métier Formule 1 voué à durer, d’un métier F1 dont la percée est plus éphémère, car conjoncturelle ?
Oui, les F1 durables répondent à des tendances structurelles comme la transition écologique ou la digitalisation, avec des investissements de la part d’acteurs publics et privés et des formations et diplômes qui se développent rapidement pour répondre à la demande. Ils sont évolutifs : possibilités de montée en compétences et transferts vers d’autres filières. Et ils se distinguent par un besoin transversal, qui touche plusieurs secteurs, comme dans le cas de la cybersécurité.
Les métiers Formule 1 plus éphémères se distinguent par un pic de recrutements soudain, parfois lié à un effet de rattrapage ou à un événement spécifique, comme dans le cas de besoins massifs liés à un plan d’urgence sanitaire ou à la mise aux normes d’un secteur. Ils présentent peu de transversalité ou de passerelles avec d’autres métiers.
En quoi ces classements sont-ils utiles à un DRH : comment les invitez-vous à s’en emparer ?
https://corporate.apec.fr/files/live/sites/corporate/files/Nos%20etudes/PDF/Barometre%202025%20remuneration%20cadres.pdf
Florence Boulenger est journaliste et consultante éditoriale, spécialisée dans les transformations des entreprises, avec un intérêt marqué pour le numérique et le futur du travail.









