Salariés-aidants : des chiffres et des idées pour alimenter votre feuille de route

Salariés-aidants : des chiffres et des idées pour alimenter votre feuille de route



Le 3 octobre dernier, l’Ocirp organisait à la Maison de la radio et de la musique une matinée entièrement consacrée aux salariés-aidants. Nous avons extrait des deux tables rondes cinq indicateurs particulièrement éloquents et trois propositions utiles aux DRH et managers.



Côté chiffres, un « phénomène de société »



Conseils aux DRH et managers



Clarifiez la situation


Seuls 34 % des salariés aidants ont informé leur employeur de leur situation (25 % en 2023 et 29 % en 2024, selon l’Observatoire Ocirp / Viavoice Salariés aidants). Les aidants s’expriment plus volontiers auprès de leurs collègues que de leur hiérarchie. Pas facile dans ces conditions pour le manager de proximité de repérer les situations d’aidance dans sa propre équipe.
 
La solution : poser ouvertement le sujet sur la table, en montrant une posture d’écoute et une volonté d’aider. C’est la seule façon d’obtenir un « diagnostic » fiable.
 Au-delà de la volonté de cacher ses difficultés, il faut avoir en tête aussi une forme de « déni » de la part des salariés-aidants : 45 % d’entre eux déclarent ne pas se sentir concernés par le sujet.

 
Enfin, rassurez vos équipes : 20 % des aidants du secteur privé craignent d’être contraints de quitter leur emploi.
 



Explicitez les risques pour l’entreprise


Il ne faut pas oublier que l’aidance déstabilise aussi l’entreprise, avec notamment un risque de présentéisme : le salarié est là, mais dans un état physique ou mental tel qu’il ne lui permet pas de travailler à 100 % de ses capacités. Sur le plan de la santé mentale, les salariés aidants sont deux fois plus fragilisés que les autres. 44 % d’entre eux se déclarent en difficulté. 

On estime le coût de ce présentéisme à 2 à 3 milliards d’euros par an, ont rappelé les intervenants de la matinée Ocirp, en insistant sur la notion de coûts cachés : « l’aidance cachée coûte probablement beaucoup plus cher à l’entreprise que l’aidance admise et organisée. » 
Un débat est nécessaire au sein de l’entreprise, d’autant que l’immense majorité des salariés-aidants n’ont envie de s’enfermer dans une vie d’aidants, difficile et précarisée.



Appuyez-vous sur le dialogue social


Plusieurs accords collectifs ont déjà été signés autour de l’aidance. On y trouve par exemple des mesures autour des congés et absences rémunérées, de l’organisation du temps de travail, du financement et de l’accompagnement par les RH.


Pour y avoir accès, rendez-vous sur Ocirp.fr

Quelques exemples :

– la RQTA (Reconnaissance de qualité du travailleur aidant) existe déjà dans certaines branches, où les partenaires sociaux ont mis en place des diagnostics santé et notamment santé mentale des aidants.

– Un accompagnement au diagnostic peut être pertinent pour répondre à la question « suis-je vraiment aidant ? »

– Les formalités administratives ne sont pas simples pour l’aidant : certaines entreprises financent du télétravail pour leurs collaborateurs, au début du parcours – le temps de tout mettre en place.

– Certaines favorisent la mobilité pour cause d’aidance – ou au contraire s’engagent à ne pas demander de mobilité à leur salarié, afin qu’il puisse rester près de ses parents par exemple.


 

Pour aller plus loin


Les résultats de l’Observatoire OCIRP / Viavoice Salariés aidants 2025 sont accessibles en ligne

On y lit notamment que l’inscription des salariés aidants dans la RSE est approuvée par 80 % des managers et des DRH. La labellisation « salariés aidants » des entreprises est approuvée par 8 managers et 8 DRH sur 10.



Sources
OCIRP et ses partenaires : ANDRH, Handéo, ORSE
Florence Boulenger
Gestionnaire de contenu

Florence Boulenger est journaliste et consultante éditoriale, spécialisée dans les transformations des entreprises, avec un intérêt marqué pour le numérique et le futur du travail.